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Histoire du monde >> Découverte du feu                                                                                                                         

                                                                                                                                                     

 Découverte du feu _______________________________________________________________________

La découverte du feu est importante dans l'évolution humaine. En effet, l'homme est le seul animal qui a non seulement domestiqué le feu, mais qui a aussi été capable de le reproduire à volonté. Avec l’apparition des premiers foyers aménagés, se développe autour du feu une vie sociale plus organisée. Le feu a été un formidable moteur d’hominisation. Il éclaire et prolonge le jour aux dépens de la nuit ; il a permis à l’homme de pénétrer dans les cavernes. Il réchauffe et allonge l’été aux dépens de l’hiver ; il a permis à l’homme d’envahir les zones tempérées froides de la planète. Il permet de cuire la nourriture et, en conséquence, de faire reculer les prédateurs. Il améliore la fabrication des outils en permettant de durcir au feu la pointe des épieux. Mais c’est surtout un facteur de convivialité.

Des traces de combustion datant d’un million d’années ont été découverts dans la grotte de Wonderwerk en Afrique du sud, où les signes d’occupation pré-humaine remontent à 2 millions d’années.

Dans la grotte de Wonderwerk, Michael Chazan et ses collègues ont découvert des vestiges de cendres contenant des plantes et des bouts d’os carbonisés. Les angles bien marqués des particules de cendres indiquent qu’elles n’ont pas été transportées par de l’eau ou du vent, expliquent les chercheurs. La combustion essentiellement des matériaux légers comme de l’herbe, des petites branches ou des feuilles, aurait donc bien eu lieu in situ. La grotte ayant été habitée par des hominidés, les chercheurs suggèrent qu’ils en ont été les artisans. Les mesures de surface conduites par spectroscopie infrarouge sur les fragments osseux indiquent que les modifications observées dans la composition du minéral résulterait d'une cuisson entre 400 °C et 700 °C, une température suffisante pour endommager la structure chimique de l'os mais trop faible pour entraîner sa calcination totale. Les indices ont été retrouvés à trente mètres à l'intérieur d'une grotte profonde, derrière un imposant stalagmite, mêlés à de nombreux bifaces qui indiquent une activité humaine pérenne à cet endroit ; la concentration de traces d'os calcinés, décelés sur plusieurs épaisseurs, renforcent l'hypothèse d'une combustion d'origine pré-humaine étalée dans le temps. Les archéologues ont même écarté l'hypothèse d'une auto-combustion naturelle engendrée par des guanos. Les analyses microstratigraphiques n'ont pas mis en évidence de restes de guanos aux côtés des os brûlés. Reste donc une seule explication : le feu a été allumé par les occupants hominidés. La grotte de Wonderwerk (qui signifie "miracle" en afrikaans) héberge donc dans ses profondeurs la plus ancienne preuve connue à ce jour de la maîtrise du feu par l'homme.

Les chercheurs ignorent encore si cet hominidé savait lui même allumer un feu ou simplement le conserver, à partir d'incendies naturels, liés notamment à la foudre. Des questions subsistent également concernant l'usage de ces flammes entretenues volontairement. Etait-ce pour s'éclairer et se protéger des animaux, se chauffer, ou bien déjà pour s'alimenter ? Les auteurs de cette dernière étude placent leurs résultats dans le cadre de la théorie du chercheur américain Richard Wrangham, qui affirme que c'est la cuisine et l'utilisation du feu qui ont permis à l'homme moderne d'émerger. En effet, l’utilisation du feu est un tournant dans l’histoire de l’évolution humaine. La viande cuite fournit plus d'énergie que la viande crue, comme le confirmait une étude récente du rôle de la cuisson dans l'évolution. La mastication est plus facile, la taille de la mâchoire peut régresser au profit de celle de la boîte crânienne… Selon l’anthropologue britannique Richard Wrangham, les changements de morphologie observés à partir d’Homo erectus sont liés à la consommation d’aliments cuits. Devons-nous la réussite de l’humanité à ses capacités culinaires et notamment à son habitude de cuire les aliments ? Oui, répondent des chercheurs de la Harvard Graduate School of Arts and Sciences. Tous les efforts que nous faisons pour hacher, couper, trancher et cuire les aliments ont des effets sur l’extraction d’énergie et l’énergie est la principale raison pour laquelle nous mangeons, explique Rachel Carmody, principale auteur de l’étude. Pour examiner ces effets, les chercheurs ont conçu un modèle expérimental unique. Pendant plus de quarante jours, ils ont nourri deux groupes de souris avec un régime qui se composait de viande ou de patates douces selon quatre mode de préparation : nourriture crue et entière, crue et mixée, cuite et entière et cuite et mixée. Pour chaque régime, les chercheurs ont observé les changements de masse corporelle des souris ainsi que leur activité physique. Les résultats montrent clairement que la viande cuite fournit plus d'énergie que la crue. Un constat qui selon les chercheurs a des implications intéressantes pour notre compréhension de la façon dont les humains ont évolué. Bien que les hommes préhistoriques aient commencé à manger de la viande il y a près de 3,5 millions d'années, sans possibilité de contrôler le feu, les premières assiettes préhistoriques contenaient de la viande crue probablement martelée à l’aide d’outils primaires. Il y a environ 1,9 millions d’années un changement soudain est apparu : la corpulence des premiers humains a augmenté, leurs cerveaux ont pris du poids et ils ont pu se livrer à des activités consommatrices d’énergie comme de longues marches ou courses. Pour les auteurs de l’étude, c’est la maîtrise du feu et la cuisson de la viande qui ont permis ces évolutions.

Ce n’est pas la première fois que des traces de feu anciennes sont ainsi associées à la présence d‘hominidés. Sur le site de Gesher Benot Ya’aqov, en Israël, des vestiges de foyers de 800 000 ans ont été découverts. A Swartkrans, en Afrique du sud, ce sont des os carbonisés de 1 à 1,5 million d’années qui ont été identifiés. Des traces de feu vieilles de 1,5 million d’années environ ont été annoncées dans plusieurs sites en Ethiopie et au Kenya. Cependant, pour tous ces sites très anciens, le doute demeure : s’agit-il vraiment d’un feu contrôlé ou d’un feu sauvage ? Les cendres ont-elles été transportées ou ont-elles été produites in situ ? Il est plus difficile de conclure pour des cendres que pour un outil ou des os fossiles.

 

Amour de cuisine

La datation de l'adoption de la cuisson des aliments par nos ancêtres est loin d'être établie. Selon 4 chercheurs d’Harvard, Homo ergaster présente 2 particularités significatives : une dentition plus menue et une réduction de l'écart de masse corporelle entre mâles et femelles. Pour ce qui est de la dentition, une nourriture plus tendre exige moins de mastication. Selon nos chercheurs, la cuisson des aliments amène un allongement du temps séparant leur acquisition de leur ingestion. Pendant ce laps de temps, ces victuailles sont à la merci des attaques des individus les plus forts. Pour éviter cela, les femelles auraient développé une compétition d'un genre nouveau : séduire les protecteurs de provisions parmi les mâles disponibles et pour cela, se livrer à la nymphomanie la plus débridée. La compétition pour l'accès aux femelles n'ayant plus d'objet, les facteurs favorisant la reproduction des individus les plus grands et plus forts auraient cessé de jouer. D'où la réduction de l'écart de taille. Cette histoire expliquerait pourquoi la sexualité de la femelle a cessé d'être limitée à de courtes périodes, et pourquoi, de manière générale, ce sont elles qui font la cuisine.

 

 

Domestication du feu

Des chercheurs israéliens pensent avoir découvert la preuve de la domestication du feu par l’homme il y a 790 000 ans, alors que cette maîtrise du feu est généralement située vers 500.000 ans. L’équipe de Naama Goren-Inbar a mis au jour des graines, du bois et du silex brûlé sur le site archéologique de Gesher Benot Ya’aqov, au bord du Jourdain, au nord d’Israël. Répartis sur plusieurs points particuliers, ces traces d’olivier, de vigne sauvage et d’orge brûlés pourraient être les vestiges d’anciens foyers allumés par la main de l’homme, expliquent les archéologues. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont passé au crible plus de 20.000 échantillons de graines et de fruits et plus de 50.000 échantillons de bois.

 

Gesher Benot Ya’aqov, au bord du Jourdain, au nord d’Israël

Il y a 400 000 ans à Zhoukoudian en Chine, on y a retrouvé de nombreuses pièces en os et des pointes de bois de cerfs, toutes durcies au feu. Ces différents vestiges prouvent que les Sinanthropes (homo erectus de Pékin) ont maîtrisé et entretenu des foyers sur le site. Cela représente une hauteur totale de 6 mètres de cendres, en 4 couches superposées, qui contenaient des charbons, des pierres brûlées et même quelques ossements humains.

Grotte de Zhoukoudian en Chine

D'autres sites présentant des traces de foyers ont également été répertoriés : Vertesszöllös (Hongrie), Terra Amata (Nice - France), Lunel Viel (France), Achenheim (Bas Rhin) et à Ménez Drégan (Bretagne- France). D'une manière générale on estime que l'utilisation du feu s'est généralisée en Europe il y a environ 400 000 ans. Le site de Prezletice (République Tchèque) présente également des traces de foyers estimées à - 650 000 ans... mais sans preuve que ce feu est été intentionnellement allumé.

Gesher Benot Ya'aqov (Israël) -790 000 ans                       Shöningen (Allemagne) -500 000 ans
Menez-Dregan (France) -400 000 ans                                   Terra Amata ( France) -380 000 ans
Bilzingsleben (Allemagne) -350 000 ans                             Vértesszöllös (Hongrie) -300 000 ans

La maîtrise du feu a inspiré de nombreux mythes, dont celui de Prométhée. À l'époque contemporaine, plusieurs œuvres de fiction ont dépeint l'importance du feu pour les groupes préhistoriques, notamment le roman La Guerre du feu de J.-H. Rosny, adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud.

 

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