Greedno, encyclopédie gratuite en ligne
Economie/Management/Organisation scientifique du travail/Ergomotricité

 

          Actualité          

          Suivez ici l'actualité de Greedno.fr sur facebook                  

Art   Economie   Environnement   Justice   Personnalité   Politique   Science   Société   Sport   Technologie

                                                                                  

Economie >> Management >> Organisation scientifique du travail >> Ergomotricité              << Jeux gratuits en ligne >>

 Ergomotricité ______________________________________________________________________________

De 1952 à 1956, ouvrier dans une entreprise et sportif d’athlétisme, Michel Gendrier découvre le peu d’intérêt que l’on porte à la préparation physique des travailleurs par rapport aux sportifs (prise de pouls, échauffement, analyse des mouvements, apprentissage de gestes justes, rythmes dans l’effort, entraînement cardio-vasculaire, massage, diététique). Devant ce manquement au travail, l’ergomotricité intervient en 1960 pour convaincre les entreprises d’enseigner les gestes efficaces et sécurisés sur les postes de travail à risques. L’ergomotricité est l’ensemble des comportements psychomoteurs à intégrer dans son travail avec le maximum de confort, de sécurité et de capacité. L’ergomotricité s’intéresse à l’analyse des tâches et à l’étude des apprentissages et des savoir-faire. 10% de nos gestes sont réalisés dans le cadre d’activités physiques ludopathies (sports, activité physique de détente). Les 90% restants sont liès au travail (manutention d’objets ou de personnes, déplacements, manipulation, etc..) dites activités ergomotrices. L’ergomotricité s’inscrit dans la problématique de la science du travail humain en participant à la lutte contre la fatigue et les nocivités du geste mal réalisé ou inadapté. Elle participe à la mise en adéquation du système homme-machine en participant à l’étude des équipements, en évaluant les risques professionnels et en pratiquant une analyse des conditions de travail. L’ergomotricité est devenue un concept reconnu par les instances médicales et les entreprises. Son intérêt est pris en compte au niveau législatif. L’ergomotricité apporte une réponse aux difficultés d’adaptabilité physique de l’homme, à la gestion de son temps et de son espace au sein de son travail. On enregistre, parmi le personnel formé, une diminution de 55 à 65% du taux de fréquence. Bien au-delà de la diminution des accidents du travail, les entreprises reconnaissent à ces formations un facteur de sociabilisation et d’amélioration des conditions de travail. L’ergomotricité identifie les sources de non-valeur ajoutée de la fabrication, les gestes et les déplacements inutiles qui constituent souvent les accidents du travail. Ces observations favorisent l’émergence de modes opératoires nouveaux, de solutions justes, économiques et sécurisées. Par une pédagogie adaptée, l’ergomotricité propose à chaque formés de faire une analyse mentale de sa propre motricité : de la technique gestuelle du travail, des modes opératoires et de l’organisation spatiale. L’objectif est de donner les moyens à l’homme de maîtriser et de corriger ses gestes et ses mouvements au travail. Dans de nombreux cas, l’homme devra lutter contre des automatismes, des gestes parasites et des contraction involontaire de muscles (syncinésie) provoqués par de mauvaises attitudes et de mauvaises coordinations. L’opérateur agira pour préserver son intégrité physique, l’améliorer, en laissant intacte la faculté de s’adapter à la nouveauté et diminuer la pénibilité physique et mentale du travail. Seul le geste professionnel est considéré comme acte de production. L’ergomotricien, spécialiste des comportements, analyse et intervient sur la perception et l’identification du poste de travail. Après ces différentes analyses motrices, il conceptualise et aménage un nouveau poste de travail. La productivité qualitative a été placée en tête des objectifs opérationnels. Du coup, les troubles musculo-squelettiques et les douleurs lombaires ont largement diminués.

Différents paramètres d’observations

  • Comment le travailleur se voit ?
  • Comment il exécute son travail par rapport à son schéma corporel ?
  • Comment il voit son poste de travail ?
  • Comment il se situe par rapport à ce qu’il voit, par rapport à son milieu professionnel et par rapport aux autres ?
  • Comment il pense son travail ?
  • Comment il agit par rapport à ce qu’il pense ?
  • Comment il se différencie de sa machine ?

Trois niveaux d’intervention

  • 1) Poste de travail : c’est un milieu banalisé où l’acte moteur se déroule dans un cadre immobilisé, avec des enchaînements programmés avec la création de stéréotypes psychomoteurs performants. Le comportement est automatisé. On enregistre un taux de fréquence d’accident faible mais de gravité important. Le travailleur se trouve en situation psychomotrice marquée par l’absence de communications praxiques importantes.
  • 2) Périphérie du poste de travail : l’absence d’aménagement et les interactions sociomotrices sont un lieu de causes accidentelles. Le milieu est en mouvement et peu sécurisé. L’opérateur se trouve en situation sociomotrice marquée par présence de communications praxiques. Il est en recherche d’informations. Il doit évaluer, scruter le milieu qui l’entoure et trouver des indices qui lui permettront d’adopter la meilleure stratégie d’action. Il s’adapte mal aux fluctuations du milieu. L’accident y est grave et fréquent. On y rencontre surtout des accidents du travail liés au déplacement et à la manipulation.
  • 3) Hors du poste de travail : l’opérateur est éloigné et pénètre dans un milieu inhabituel fait d’incertitudes. Il est privé d’actions stéréotypées. Ce milieu à risques l’oblige à être vigilant et invente maladroitement une nouvelle analyse motrice devenant à son tour accidentelle.

La synthétisation du mouvement et la miniaturisation de la production provoquent une intériorisation des actions physiques et mentales chez l’opérateur. Celui-ci n’est plus à même de libérer l’énergie vitale le risque d’accident se manifeste lorsqu’il y a rupture entre corps et milieu. Le rythme d’autorégulation est perturbé et il y a relâchement du système de perception et de la transmission des stimuli. Avec un niveau de vigilance réduit (inattention et maladresse), le milieu devient dangereux pour l’opérateur. Son état psycho-énergétique reste au centre de toute intervention ergo motrice pour atteindre les objectifs, il faut rendre nulle la charge de travail.

L’éducation ergomotrice s’efforce d’obtenir :

  • -La conscience et la maîtrise du corps (intériorisation des sensations) désigne la représentation du corps. En 1911, le neurologue anglais Henry Head avance la notion de schéma corporel. Pour lui, le cerveau contient un modèle représentatif des caractéristiques et grandeurs biomécaniques du corps qui nous permet de situer et d’orienter notre corps dans l’espace, défini par ses coordonnées spatiales et, d’avoir une représentation topographique de notre corps et ses parties (proprioception), sans laquelle nous ne pourrions pas nous mouvoir. Quelques animaux, comme l’éléphant, sont capables de se reconnaître dans une glace et de repérer une tâche posée sur leur corps. Pour Françoise Dolto, le schéma corporel fait référence à la structure de l’individu dès son enfance par l’apprentissage et l’expérience. Elle mentionne une image inconsciente du corps : il s’agit dans un premier temps d’une notion de personnalité. Dolto définira ensuite l’image inconsciente du corps comme incarnation symbolique inconsciente du sujet désirant. Paul Schilder invente l’expression « image du corps » en désignant une représentation consciente et inconsciente du corps. L’expression désigne une connaissance physiologique et une signification sociale du corps.
  • -La maîtrise de l’équilibre et des conduites perceptivo-motrices. L’indépendance des différents segments (tronc, bras, etc).
  • -La maîtrise des principes ergomoteurs de sécurité.
  • -Le contrôle puis l’efficacité des coordinations, segmentaires et oculo manuelle afin de lutter contre les syncinésies.
  • -L’organisation du poste de travail, des postures assises et des rythmes de travail avec des temps de récupération. L’exercice rythmé est économique : grâce à l’alternance des temps forts et faibles, de l’effort et du relâchement, on enregistre un intérêt incontestable dans l’activité du travail.

 

______________________________________________________________________________________________________

quelques exemples ergomoteurs

Élongation de la colonne vertébrale

 

Assouplissement des muscles spinaux

 

Développement de la cage thoracique et de la capacité respiratoire

 

Assouplissement des ischio-jambiers

 

D'autres assouplissements ergomoteurs

 

Gestes quotidiens ergomoteurs

 

______________________________________________________________________________________________________

 

© 2013 - 2011 Greedno
UA-36419709-1