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Art/Cinématographie/Théorie d'Ingmar Bergman

 

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 Théorie d'Ingmar Bergman _________________________________________________________

(Edition Gallimard)

Publié en 1992

 

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Résumé d'un extrait de "Images"

Mon film « Persona » était lié à mon activité de directeur de théâtre dramatique de Stockholm. J’ai été nommé directeur le 1er janvier 1963 que j’ai amplement accepté à cause de mon côté téméraire et mon goût du travail car le théâtre se putréfiait (pas de répertoire, pas d’administration, pas d’organisation ni de contrats d’acteurs pour la saison qui venait). Je tombais au cœur d’une situation chaotique. Cette expérience provoqua en moi, un mûrissement éclair et concrétisa brutalement mes rapports avec la profession. Quand je fus malade et hospitalisé en avril 1965, je pris conscience que mon activité de directeur était un obstacle à ma créativité. Je me mis donc à écrire quelque chose qui pût dissiper ce sentiment de néant. Ce texte s’intitule « La peau du serpent » que je publiai en guise de préface à « Persona » (le titre signifie masque extérieur et le personnage d’Alma signifie image de l’âme). C’était aussi une preuve de ma déplorable incapacité à donner un coup de frein quand il le faut. La création artistique s’est toujours manifestée chez moi comme une faim. Ce besoin est une paisible satisfaction. Je me souviens que dès mon enfance, j’ai eu envie d’ex mes talents comme un vif besoin d’attirer l’attention des grandes personnes de ma présence au monde. Le cinéma devint mon moyen d’expression pour divulguer mon monde imaginaire. Mais, un rêveur n’est artiste que dans ses rêves. Il me permet de me faire comprendre dans une langue qui se parle littéralement d’âme à âme. Ma faim a sans cesse été neuve. L’art est une satisfaction de si pour l’artiste. Pour être franc, l’art est pour moi sans importance. De nouvelles combinaisons surgissent et s’anéantissent comme un mouvement d’une vitalité fébrile. Il ressemble à une peau de serpent pleine de fourmis. La raison pour laquelle je continue à faire de l’art est une curiosité sans cesse renouvelée et névrosée. Je me sens prisonnier et pris d’une curiosité frénétique impossible à refréner. Je note, j’observe, je regarde, tout est fantastique. J’attrape une poussière qui vole dans l’air, je m’en occupe avec gaieté et mélancolie et c’est peut-être le début d’un film, la base d’une activité artistique. Je me presse avec les autres fourmis pour un travail colossal. La mue bouge. Je fais semblant d’être adulte tout en étant surpris que des gens me prennent au sérieux. Une grande différence puisqu’ils ont oubliés ou ne pensent pas qu’ils sont des enfants car ils écoutent mes opinions avec beaucoup de respect, me complimentent parce que j’ai raison comme des adultes qui veulent être écoutés à leur tour. Persona fut un tournage heureux ou je me déplaçait en totale liberté avec la caméra et mes collaborateurs. Et c’est la 1ère fois que je ne me suis soucié de savoir si le résultat serait ou non un succès public. La principale tâche de mon métier, c’est finalement de me faire vivre, me produire par pur instinct de conservation. Je continue mon travail d’artiste pour me procurer et procurer à mon prochain quelques secondes de réflexion ou de répit. Quand on écrit un scénario, on prévoit les difficultés techniques, on écrit la partition puis l’orchestre joue.

 

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