Greedno, encyclopédie gratuite en ligne
Art/Cinématographie/Théorie d'Andrei Tarkovski

 

          Actualité          

          Suivez ici l'actualité de Greedno.fr sur facebook                  

Art   Economie   Environnement   Justice   Personnalité   Politique   Science   Société   Sport   Technologie

                  
                                                               

Art >> Cinématographie >> Théorie d'Andrei Tarkovski                                                        << Jeux gratuits en ligne >>

 Théorie d'Andrei Tarkovski _________________________________________________________

"Temps, rythme et montage" (extrait de « le temps scellé ») paru dans les Cahiers du cinéma en 1989.

______________________________________________________________________________________________________

Résumé

À l’intérieur du plan, le temps s’écoule aussi à travers le comportement des personnages. On peut ainsi mentionner le court-métrage « Le Dormeur » de Pascal Aubier qui ne comporte qu’un seul plan. L’Œuvre est le film considéré dans son ensemble, on ne peut séparer ses composantes. Le montage n’est pas l’élément déterminant du film. Il n’est créée sur une table de montage comme l’affirmaient Koulechov et Eisenstein qui retient le temps, ne le laisse pas exister pour créer une dynamique artificielle avec des rébus et des devinettes que le spectateur doit déchiffrer. Le film engage une offensive contre le spectateur. L’image naît pendant le tournage. Ainsi, en tournant, je suis attentif à l’écoulement du temps pour essayer de le fixer et de le reproduire avec précision. Le montage articule les plans remplis par le temps pour assembler le film en un organisme vivant, un système sanguin. L’image est liée au concret, au matériel pour atteindre, par des voies mystérieuses, l’esprit. Monter un film juste et correct, c’est ne pas rompre le lien organique comme si le montage était préalablement établit par son génome. Le rythme du film n’est pas déterminé par les accords ou la longueur des morceaux montés mais, par le degré d’intensité temporel qui s’écoule en eux. Le temps fixé sur le plan dicte au réalisateur le principe de son montage. Cette intensité temporelle qui s’écoule dans le plan ressemble à une pression, une tension temporelle. Le montage est donc un assemblage de pression temporelle que chaque plan renferme et qui détermine son rythme, son intensité puis le rythme final du film. Le montage est anticipé au cours du tournage alors que cher les partisans du montage, il n’y a aucune préméditation. L’action de leurs films donne une impression de lourdeur et d’artifice par un défilé frénétique de plans démasquant l’inconsistance d’une présumée intensité car ils n’ont aucune vérité de temps. Ces plans statiques et anémiques ne permettent pas au spectateur de ressentir les affects exigés. Par conséquent, l’évènement n’est pas reconstitué mais joué avec emphase et approximation. Le monde que créer peut intéresser, irriter ou laisser indifférent. Cependant, le rythme de ce monde naît de la perception que le réalisateur a de la vie, de sa recherche du temps, dans la diégèse, le monde intérieur de l’auteur. Le montage perturbe le cours du temps, l’interrompt et conduit à une distorsion. Toutefois, cette distorsion ou ces rythmes différents, doivent être organique au film tout entier. Aussitôt perturbé par des transitions artificielles, les accents du montage deviennent visibles et évidentes. Monter des morceaux inmontables, à valeur temporelle inégale mène à une cassure du rythme. Le montage révèle l’écriture de réalisateur car chacun à une perception spatio-temporelle différente et de reflète dans chaque film. Même les défauts deviennent des caractères de l’esthétique de l’auteur.

 

______________________________________________________________________________________________________

 

© 2013 - 2011 Greedno
UA-36419709-1