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1er août 2013 / Shazam, le futur géant de la tech

Une entreprise européenne capable de rivaliser avec Google ou Facebook ? Difficile à imaginer. C’est pourtant l’ambition de Shazam. Cette application, qui permet de reconnaître une chanson diffusée à la radio, dans un bar ou une boîte de nuit, est utilisée par 300 millions de personnes à travers le monde. Et si les Américains en sont les premiers fans (100 millions d’utilisateurs sont nord-américains, 100 millions, européens), Shazam est bien une entreprise britannique, dont le siège est situé à Londres. Tout a commencé à l’université de Stanford, à Palo Alto (Californie). Trois étudiants, l’Américain Chris Barton, le Britannique Dhiraj Mukherjee et le Belge Philip Inghelbrecht, arrivent à la fin de leur MBA et ont l’idée de créer un logiciel qui serait capable de reconnaître n’importe quelle chanson.

     

 

 

 

Nous sommes fin 1999, iTunes n’existe pas encore, l’essentiel de la musique téléchargée sur Internet l’est illégalement, sur Napster, et moins d’un habitant sur dix dans le monde possède un téléphone portable… Les trois étudiants n’ont aucune idée de la manière d’arriver à leurs fins, mais ils dressent une liste des meilleurs spécialistes mondiaux en recherche acoustique. Ils demandent conseil à un professeur, qui resserre la liste d’une quarantaine de noms à cinq. Tous sont contactés et il faut beaucoup de persuasion aux trois étudiants pour convaincre le numéro un de la liste, Avery Wang, de se pencher sur le sujet. Celui-ci met plusieurs mois à trouver la solution. « Un après-midi, je réfléchissais à la manière dont j’allais annoncer aux autres que ce n’était pas possible techniquement. En fait, la solution était sous mes yeux, sur un graphique. Je n’avais pas exploré cette voie (…). Je l’ai ensuite testée par quelques exemples concrets. Le logiciel reconnaissait les extraits, même dans de très mauvaises conditions d’écoute, avec beaucoup de bruit autour. » Entre-temps, la décision a été prise de déménager à Londres. Les fondateurs savent que leur avenir passe par le téléphone portable. Et, en 2000, le marché du mobile est bien plus avancé en Europe qu’aux Etats-Unis. La technologie mise au point, la société décide de débuter par un service SMS. Le premier produit est mis sur le marché en 2002. S’il veut identifier une musique, l’utilisateur doit appeler un numéro spécial, le 2580, et faire écouter la chanson à ce répondeur. Les détails (titre, artiste…) lui sont alors envoyés par SMS. Un modèle économique existe déjà : un lien vers le téléchargement d’une sonnerie est proposé. En 2008, Apple lance l’iPhone. Shazam a senti la révolution arriver. Le service devient gratuit. La société entre dans une nouvelle ère. Apple utilise même Shazam dans l’une de ses publicités, assurant une croissance vertigineuse au service dès les premiers jours de l’application. Avec les offres data illimitées et le boom des smartphones, Shazam est enfin réellement lancé. A tel point que, aujourd’hui, le verbe « shazamer » est entré dans le langage courant. Avec ses 300 millions d’utilisateurs, Shazam continue d’en ajouter en moyenne 2 millions par semaine. « Il y a 6 milliards de téléphones portables dans le monde, il n’y a aucune raison que Shazam ne soit pas embarqué dans chacun d’eux », explique Andrew Fisher pour résumer les ambitions de la société. L’application est particulièrement populaire en France, le deuxième marché au monde pour Shazam en nombre d’utilisateurs, derrière les Etats-Unis. La société britannique estime que plus de 20 millions de Français l’ont déjà utilisée. Aujourd’hui, Shazam est capable de reconnaître 40 millions de chansons, un chiffre qui a doublé au cours des douze derniers mois. Il suffit de lancer l’application dans une pièce où la musique est diffusée et d’attendre quelques secondes. Shazam, quand il n’est pas pris en défaut, propose alors le titre de la chanson, son interprète, un lien pour télécharger le morceau sur iTunes, un lien vers d’éventuels concerts de l’artiste, ses vidéos Youtube, etc. Pour cela, il dispose d’une base de données alimentée par des centaines de personnes à travers le monde. Passionnés de musique, étudiants, artistes… Ceux qui le souhaitent peuvent renseigner la base, à partir d’enregistrements mais aussi de concerts, de mix de DJ, et sont rémunérés par Shazam. Les maisons de disques effectuent aussi ce travail. En échange, elles peuvent avoir accès à certaines données, comme le nombre de personnes qui shazament leur titre, où et quand… Shazam aurait contribué à plus de 8% des ventes en ligne, l’an dernier, au niveau mondial : sur un marché de 3,6 milliards de dollars et un taux de transformation en achat d’environ 10%. La société se rémunérant sur une commission sur ces ventes. Mais Shazam ne compte pas s’arrêter là. Il est persuadé que sa technologie peut faire plus. Il vient de lancer l’«auto-tagging» sur l’iPad. Plus besoin de toucher l’écran pour reconnaître une chanson : une fois l’application lancée et la tablette laissée dans un endroit où de la musique est diffusée, la liste des chansons apparaît automatiquement à l’écran. Shazam a commencé à déployer une nouvelle base de données pour 160 chaînes de télévision américaines, et est ainsi capable de reconnaître n’importe quel programme diffusé. Pour l’Europe, Shazam vise d’abord la publicité, mais se tient prêt à proposer sa technologie aux chaînes. « La télévision est un marché énorme, bien plus important que la musique, confie Andrew Fisher. On parle d’un marché publicitaire de près de 300 milliards de dollars, dix fois supérieur à la musique. D’une année à l’autre, nos revenus liés à la télévision progressent de 300% contre plus de 100% pour la musique. Et, d’ici à deux ans, ce sera notre première source de revenus. » D’ici là, l’entreprise aura aussi peut-être avancé sur son dossier d’introduction en Bourse. « Nous voulons démontrer qu’une société européenne peut avoir du succès. Et ce n’est pas une question de survie, car nous sommes profitables depuis longtemps. Il s’agit bien de changer de dimension, avec une valorisation de plusieurs milliards de dollars. » Shazam s’y prépare déjà et a récemment étoffé son management. L’ancien patron Europe de Yahoo!, Rich Riley, a été nommé au poste de directeur général. Au total, la société compte aujourd’hui 200 salariés. Outre son siège londonien, situé dans le dynamique quartier de Hammersmith, elle est aussi implantée à New York, Los Angeles, Menlo Park, Chicago, Sydney et Séoul. En attendant Paris, Shazam a en tout cas déjà prospecté pour y ouvrir un bureau.

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